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Découverte

Les pays

Choisis un pays : histoire, routard de poche, animaux, mots et mini-quiz, rangés par onglets pour ne pas te noyer.

Capitale AstanaMonnaie Tenge (KZT)Langue Kazakh et russePopulation ~20 millions

Terre des cavaliers nomades des steppes depuis des millénaires, le Kazakhstan était traversé par la route de la soie, où circulaient soieries, épices et idées entre la Chine et l'Europe. Il fut intégré à l'empire mongol de Gengis Khan, puis à l'empire russe, avant de devenir une république soviétique. Indépendant depuis 1991, le pays a déménagé sa capitale d'Almaty vers Astana en 1997 et y a bâti une ville ultramoderne en plein milieu de la steppe.

Le savais-tu ?

  • 9e plus grand pays du monde, mais l'un des moins peuplés au km²
  • Astana est l'une des capitales les plus froides de la planète (jusqu'à -40°C)
  • C'est de ses steppes (cosmodrome de Baïkonour) que le 1er homme s'est envolé dans l'espace
  • La pomme serait née dans les montagnes près d'Almaty, dont le nom signifie ''plein de pommes''
  • On y joue au kokpar, une sorte de rugby à cheval
  • Les aigles royaux y sont dressés pour la chasse

La grande histoire

La Route de la SoiePendant 1500 ans, la plus grande autoroute du monde est passée exactement là où vous marchez.

Imaginez : pas une route, mais un immense réseau de pistes reliant la Chine à Rome, long de plus de 7000 kilomètres. Sur ces chemins, des caravanes de centaines de chameaux transportaient la marchandise la plus précieuse du monde antique : la soie, dont les Chinois ont gardé le secret de fabrication pendant des siècles (le révéler était puni de mort). Mais la soie n'était que le début. Dans les sacoches voyageaient aussi les épices, le papier, la poudre, le verre, l'or — et surtout les idées : le bouddhisme est arrivé en Chine par cette route, les chiffres « arabes » (en fait indiens) sont arrivés en Europe par elle. Les oasis d'Asie centrale, comme Almaty ou les vallées kirghizes, étaient les stations-service de l'époque : on y changeait de chameaux, on y dormait dans des caravansérails, on y échangeait les nouvelles du monde. Un marchand faisait rarement toute la route : la soie changeait de mains dix fois entre Xi'an et Rome, et son prix était multiplié par cent. Marco Polo l'a empruntée au XIIIe siècle pour rejoindre la Chine — son récit a fait rêver l'Europe pendant 500 ans, et un certain Christophe Colomb l'avait dans ses bagages quand il a cherché un raccourci... et trouvé l'Amérique. Quand vous verrez les montagnes du Tian Shan par le hublot, pensez-y : chaque col a vu passer des milliers de caravanes.

Baïkonour, la porte des étoilesLe premier humain à avoir vu la Terre depuis l'espace a décollé de la steppe kazakhe.

Le 12 avril 1961 à 9h07, une fusée s'arrache de la steppe kazakhe avec, à son bord, un jeune pilote soviétique de 27 ans au sourire légendaire : Youri Gagarine. Pendant 108 minutes, il fait le tour de la Terre — le premier humain de l'histoire à la voir entière, bleue et ronde, flottant dans le noir. « La Terre est bleue », dira-t-il. Pourquoi le Kazakhstan ? Parce que les Soviétiques cherchaient un endroit immense, vide, sec et le plus au sud possible (plus on est près de l'équateur, plus la rotation de la Terre donne un coup de pouce aux fusées). La steppe kazakhe cochait toutes les cases. Le cosmodrome de Baïkonour, construit en secret en 1955, est devenu la plus grande base spatiale du monde — c'est aussi de là qu'est parti Spoutnik, le premier satellite, dont le bip-bip a terrifié l'Amérique en 1957. Le plus fou ? Baïkonour fonctionne toujours. La Russie loue la base au Kazakhstan, et des fusées Soyouz y décollent encore vers la Station spatiale internationale. Presque tous les astronautes de la planète, y compris le Français Thomas Pesquet, ont décollé de cette steppe que vous survolez. Le pays des cavaliers nomades est devenu, par un drôle de détour de l'histoire, la porte des étoiles de l'humanité.

Miam

Beshbarmak Бешбармак

LE plat des grandes occasions : pâtes larges, viande de cheval ou de mouton bouillie, oignons — et son nom veut dire « cinq doigts », parce qu'il se mange traditionnellement à la main. Défi familial accepté ?

Manty Манты

Des gros raviolis vapeur juteux à la viande et à l'oignon, cousins géants des dumplings chinois — la route de la soie dans une bouchée. On les attrape à la main aussi.

Baursak Бауырсақ

Des beignets dorés soufflés qu'on sert avec TOUT, du thé au beshbarmak. Impossible d'en manger un seul — c'est scientifiquement prouvé par tous les enfants du Kazakhstan.

Kazy Қазы

La spécialité qui fera raconter une histoire à la maison : de la saucisse… de cheval, fumée, réservée aux invités d'honneur. Y goûter, c'est être adopté.

Chai (thé kazakh) Шай

Ici le thé n'est pas une boisson, c'est une cérémonie : servi au lait dans des bols, resservi à l'infini par la maîtresse de maison. Refuser la troisième tasse ? Mission impossible.

Capitale BichkekMonnaie Som (KGS)Langue Kirghiz et russePopulation ~7 millions

Pays de très hautes montagnes (le Tian Shan, les ''monts célestes''), le Kirghizistan est depuis toujours la terre des nomades qui vivent l'été sous des yourtes en suivant leurs troupeaux dans les alpages. Étape de la route de la soie, il passe sous domination russe puis soviétique avant de devenir indépendant en 1991. Le cheval y reste roi.

Le savais-tu ?

  • 90% du pays est couvert de montagnes
  • Le lac Issyk-Kul, immense lac d'altitude, ne gèle jamais malgré l'hiver
  • Les familles vivent l'été dans des yourtes démontables
  • L'épopée de Manas, récit national, est l'un des plus longs poèmes du monde (20 fois l'Odyssée)
  • On y chasse encore à l'aigle
  • Le plat national, le beshbarmak, se mange avec les doigts (''cinq doigts'')

La grande histoire

La Route de la SoiePendant 1500 ans, la plus grande autoroute du monde est passée exactement là où vous marchez.

Imaginez : pas une route, mais un immense réseau de pistes reliant la Chine à Rome, long de plus de 7000 kilomètres. Sur ces chemins, des caravanes de centaines de chameaux transportaient la marchandise la plus précieuse du monde antique : la soie, dont les Chinois ont gardé le secret de fabrication pendant des siècles (le révéler était puni de mort). Mais la soie n'était que le début. Dans les sacoches voyageaient aussi les épices, le papier, la poudre, le verre, l'or — et surtout les idées : le bouddhisme est arrivé en Chine par cette route, les chiffres « arabes » (en fait indiens) sont arrivés en Europe par elle. Les oasis d'Asie centrale, comme Almaty ou les vallées kirghizes, étaient les stations-service de l'époque : on y changeait de chameaux, on y dormait dans des caravansérails, on y échangeait les nouvelles du monde. Un marchand faisait rarement toute la route : la soie changeait de mains dix fois entre Xi'an et Rome, et son prix était multiplié par cent. Marco Polo l'a empruntée au XIIIe siècle pour rejoindre la Chine — son récit a fait rêver l'Europe pendant 500 ans, et un certain Christophe Colomb l'avait dans ses bagages quand il a cherché un raccourci... et trouvé l'Amérique. Quand vous verrez les montagnes du Tian Shan par le hublot, pensez-y : chaque col a vu passer des milliers de caravanes.

Manas, l'épopée plus longue que l'OdysséeUn poème vingt fois plus long que l'Odyssée, transmis de bouche à oreille pendant 1000 ans.

Chaque peuple a son héros : les Grecs ont Ulysse, les Anglais le roi Arthur — les Kirghizes ont Manas. Son épopée raconte comment ce guerrier géant a uni les 40 tribus kirghizes (les 40 rayons du soleil sur leur drapeau, c'est ça) pour libérer son peuple et le ramener sur ses terres. Ce qui rend Manas unique au monde, c'est sa taille : plus de 500 000 vers, environ vingt fois l'Odyssée. C'est le plus long poème épique de l'humanité. Et pendant des siècles, il n'a jamais été écrit : des conteurs spéciaux, les manaschi, l'apprennent par cœur et le récitent en transe, les yeux mi-clos, pendant des heures — parfois des jours. Les Kirghizes disent qu'on ne choisit pas de devenir manaschi : Manas vous apparaît en rêve et vous n'avez pas le droit de refuser, sous peine de tomber malade. Aujourd'hui encore, des enfants prodiges récitent des dizaines de milliers de vers, et l'UNESCO a classé cette tradition au patrimoine de l'humanité. Sur la place Ala-Too de Bichkek, c'est lui, la grande statue à cheval. Si vous croisez une récitation de Manas pendant votre séjour, arrêtez-vous : même sans comprendre un mot, la puissance hypnotique du chant se passe de traduction.

Miam

Lagman Лагман

De longues nouilles étirées à la main, sautées ou en soupe avec viande, poivrons et épices. Chaque cuisinier a sa recette secrète, héritée de la route de la soie.

Samsa Самса

Le triangle magique : un feuilleté à la viande cuit collé aux parois d'un four tandoor, croustillant dehors, fondant dedans. Le goûter des bergers, vendu fumant au bord des routes.

Kurut Курут

Les mystérieuses boules blanches vendues partout : du fromage séché salé et acidulé, dur comme un caillou. Les enfants kirghizes en raffolent — Alexis et Emma, à vous de juger ce snack extraterrestre.

Kymyz Кымыз

LA boisson nationale : du lait de jument fermenté, légèrement pétillant et acide. On vous en offrira sous une yourte — le refuser poliment est permis, mais y avoir goûté vaut médaille.

Plov Плов

Le riz mijoté aux carottes jaunes, à la viande et à l'ail entier, cuit dans un immense chaudron (kazan). Le plat qui réunit toute l'Asie centrale autour du feu.

Capitale Oulan-BatorMonnaie Tugrik (MNT)Langue MongolPopulation ~3,5 millions

Au XIIIe siècle, Gengis Khan unit les tribus nomades et fonde le plus grand empire terrestre de l'histoire, de la Chine à l'Europe. Après des siècles sous influence chinoise puis russe, la Mongolie devient une république, communiste au XXe siècle, puis une démocratie en 1990. Aujourd'hui encore, un Mongol sur trois est nomade.

Le savais-tu ?

  • Pays le moins peuplé du monde au km² : il y a plus de chevaux que d'habitants
  • Gengis Khan y a bâti le plus grand empire de tous les temps
  • Beaucoup vivent sous des yourtes (gers) qu'on démonte pour suivre les troupeaux
  • Au festival Naadam, des enfants font les courses de chevaux
  • Le peuple Tsaatan élève des rennes
  • Le désert de Gobi est rempli d'œufs de dinosaures fossilisés
  • Oulan-Bator est la capitale la plus froide du monde

La grande histoire

Gengis Khan, l'orphelin devenu maître du mondeUn enfant abandonné dans la steppe a construit le plus grand empire de tous les temps.

Vers 1162 naît dans la steppe un garçon nommé Temüdjin. À 9 ans, son père est empoisonné ; sa famille est chassée du clan et survit en mangeant des racines et des marmottes. Rien ne destinait cet orphelin à quoi que ce soit. Pourtant, à force d'alliances, de courage et d'une intelligence redoutable, il unifie une à une toutes les tribus mongoles qui se faisaient la guerre depuis toujours. En 1206, on le proclame « Gengis Khan » — le souverain universel. En vingt ans, ses cavaliers, capables de parcourir 100 km par jour et de tirer à l'arc au galop, conquièrent la Chine, l'Asie centrale, la Perse... À sa mort, l'empire mongol continue de grandir jusqu'à devenir le plus vaste empire d'un seul tenant de l'histoire : de la Corée à la Hongrie, 22 % des terres du globe. Mais Gengis n'était pas qu'un conquérant : son empire garantissait la liberté religieuse, protégeait les marchands (la route de la soie n'a jamais été aussi sûre que sous les Mongols — on disait qu'une jeune fille portant un sac d'or pouvait la traverser seule), et son réseau de messagers à cheval, le Yam, était l'Internet du XIIIe siècle. Sa tombe n'a JAMAIS été retrouvée : selon la légende, les soldats de son escorte funéraire ont été exécutés pour que le secret meure avec eux. Elle est quelque part dans les steppes que vous allez traverser.

Les Tsaatan, le peuple des rennesÀ la frontière de la Sibérie vivent les dernières familles qui montent des rennes.

Tout au nord de la Mongolie, là où la steppe devient taïga — la grande forêt froide de Sibérie — vit l'un des plus petits peuples du monde : les Tsaatan, ou Doukhas. Ils sont environ 300, répartis en une quarantaine de familles, et leur vie entière tourne autour d'un animal : le renne. Ils le montent (oui, comme un cheval), le traient pour faire du fromage et du thé au lait, l'utilisent pour porter leurs affaires — mais le mangent rarement : un renne est trop précieux vivant. Leurs tentes coniques, les urts, ressemblent aux tipis d'Amérique, et ils déménagent plusieurs fois par an pour suivre les pâturages de lichen dont raffolent leurs bêtes. Les Tsaatan sont aussi l'un des derniers peuples chamanistes : leurs chamans entrent en transe au son du tambour pour parler aux esprits de la forêt, des ancêtres et des animaux. Chaque famille connaît chacun de ses rennes par son nom, son caractère, son histoire. Venir chez eux, ce n'est pas visiter un musée : c'est partager quelques jours la vie d'un monde qui existait avant les frontières, les routes et les téléphones — et qui tient bon, à dos de renne, aux confins du monde.

Miam

Buuz Бууз

Les raviolis vapeur mongols, dodus et juteux, stars du Naadam et du Nouvel An (où chaque famille en prépare des CENTAINES). On croque un coin, on aspire le jus, puis on dévore.

Khuushuur Хуушуур

Le chausson de viande frit qu'on mange brûlant avec les doigts pendant le Naadam — c'est LE fast-food des steppes. Tradition bonus : se les passer sur les mains pour « prendre l'énergie ».

Tsuivan Цуйван

Des nouilles maison sautées à la viande séchée et aux légumes, le plat réconfort après une journée à cheval. Simple, roboratif, parfait sous une yourte.

Aaruul Ааруул

Le fromage de yak séché au soleil sur les toits des yourtes, dur à casser des dents. Les nomades en mâchent toute la journée — c'est le bonbon officiel de la steppe.

Thé au lait salé Сүүтэй цай

Le choc culturel en bol : thé, lait, et… sel. On vous en servira dès l'entrée dans chaque yourte, c'est le geste d'hospitalité absolu. Astuce : penser « soupe », pas « thé ».

Capitale PékinMonnaie Yuan / renminbi (CNY)Langue MandarinPopulation ~1,4 milliard

L'une des plus vieilles civilisations du monde : plus de 4000 ans d'histoire continue, des dynasties d'empereurs, et des inventions qui ont changé la planète. La Grande Muraille fut élevée pour protéger l'empire des invasions. Après la chute du dernier empereur en 1912, la République populaire de Chine est proclamée en 1949. C'est aujourd'hui la 2e puissance économique mondiale.

Le savais-tu ?

  • La Grande Muraille dépasse 20 000 km : la plus longue construction humaine
  • Pays le plus peuplé du monde (à égalité avec l'Inde)
  • Les Chinois ont inventé le papier, la boussole, la poudre et l'imprimerie
  • Le panda géant ne vit à l'état sauvage qu'en Chine
  • Tout le pays vit sur un seul fuseau horaire alors qu'il est large comme cinq
  • Les montagnes de Zhangjiajie ont inspiré les paysages flottants d'Avatar
  • On y écrit avec des milliers de caractères, pas un alphabet

La grande histoire

La Grande Muraille : 2000 ans de chantierCe n'est pas un mur, c'est un dragon de pierre de 20 000 kilomètres.

Contrairement à la légende, la Grande Muraille n'a pas été construite d'un coup : c'est un chantier de VINGT SIÈCLES. Dès le IIIe siècle avant J.-C., le premier empereur Qin Shi Huang relie des murs existants pour bloquer les cavaliers nomades du nord. Puis chaque dynastie ajoute, répare, prolonge — jusqu'aux Ming (1368-1644) qui bâtissent l'essentiel de ce qu'on voit aujourd'hui, en briques et en pierre, précisément pour se protéger... des Mongols de Gengis Khan et de ses héritiers. Mises bout à bout, toutes les sections construites au fil des siècles dépassent 20 000 kilomètres : la moitié du tour de la Terre. Des centaines de milliers de soldats, paysans et prisonniers y ont travaillé ; beaucoup y sont morts, et la légende dit qu'ils sont enterrés dedans (les archéologues n'en ont pas trouvé — ouf). Le génie du système, ce sont les tours de guet : en cas d'attaque, on allumait un feu (fumée le jour, flammes la nuit), et le signal courait de tour en tour sur des centaines de kilomètres — un télégraphe de feu. À Gubeikou, où vous dormirez, la muraille est restée sauvage, exactement comme les soldats Ming l'ont quittée il y a 400 ans : plus de 130 batailles s'y sont livrées, car c'était LE verrou de la route vers Pékin. Au petit matin, vous l'aurez pour vous seuls. Non, on ne la voit pas depuis la Lune — mais depuis ses tours au lever du soleil, c'est mieux.

L'Empire du Milieu : le pays qui a tout inventé (ou presque)Papier, boussole, poudre, imprimerie, billets de banque : merci la Chine.

La Chine s'appelle elle-même Zhongguo, « le pays du Milieu » : pendant des millénaires, ses habitants étaient convaincus d'être au centre du monde civilisé — et honnêtement, ils n'avaient pas tout à fait tort. Faisons l'inventaire de ce que la Chine a inventé avant tout le monde : le papier (vers 100 après J.-C., à partir d'écorce et de chiffons), l'imprimerie (600 ans avant Gutenberg), la boussole (une cuillère magnétique posée sur un plateau), la poudre à canon (découverte par des alchimistes qui cherchaient... un élixir d'immortalité, raté), les billets de banque, le papier-toilette, le cerf-volant, la brouette, le sismographe et les pâtes (pardon, l'Italie). Cette avance venait d'un système unique : un empire unifié dès 221 avant J.-C., avec une administration de fonctionnaires recrutés par concours — les mandarins — et une écriture commune que tous pouvaient lire même en parlant des langues différentes. C'est le plus vieil État continu du monde : quand Rome s'effondrait, la Chine continuait ; 24 dynasties se sont succédé jusqu'au dernier empereur, Puyi, un enfant de 6 ans détrôné en 1912 — la Cité interdite que vous visiterez était sa maison, et son vélo a laissé des traces dans les couloirs. Après un siècle de guerres et de révolutions, la Chine est redevenue en 40 ans la deuxième puissance mondiale. Le pays du Milieu, encore.

Miam

Canard laqué de Pékin 北京烤鸭

L'empereur des plats : peau caramel croustillante découpée devant vous, à rouler dans une crêpe fine avec concombre, oignon et sauce sucrée. Un festin à vivre au moins une fois à Pékin même.

Xiaolongbao 小笼包

Le piège génial de Shanghai : des raviolis-bouchons remplis de SOUPE brûlante. Technique officielle : percer, aspirer le bouillon, puis manger. Première tentative = brûlure ou éclaboussure garantie, fous rires aussi.

Jiaozi 饺子

Les raviolis chinois du quotidien, bouillis ou grillés, qu'on trempe dans le vinaigre noir. Les faire soi-même est une activité familiale nationale — et un excellent test de dextérité aux baguettes.

Baozi 包子

La brioche vapeur fourrée (porc, légumes ou pâte de haricot sucrée) : le petit-déjeuner de la Chine entière, attrapé fumant dans les paniers en bambou des stands de rue.

Nouilles fraîches étirées 拉面

Le spectacle est dans l'assiette ET avant : le cuisinier étire la pâte à mains nues en la claquant, jusqu'à obtenir des centaines de fils parfaits. À Zhangjiajie, cherchez l'échoppe qui les fait devant vous.

Capitale Région administrative spéciale de la ChineMonnaie Dollar de Hong Kong (HKD)Langue Cantonais et anglaisPopulation ~7,5 millions

Ancien village de pêcheurs, Hong Kong devient une colonie britannique au XIXe siècle après les guerres de l'opium, puis se transforme en gigantesque port de commerce mondial. En 1997, le Royaume-Uni la rend à la Chine, qui la gouverne selon le principe ''un pays, deux systèmes''. C'est l'une des villes les plus denses et verticales de la planète.

Le savais-tu ?

  • L'une des plus fortes concentrations de gratte-ciel au monde
  • Son nom signifie ''port parfumé''
  • On s'y déplace en Star Ferry et en tram à impériale depuis plus d'un siècle
  • 70% du territoire reste vert : collines, plages et parcs juste à côté des tours
  • Le Victoria Peak offre l'un des plus beaux panoramas urbains du monde
  • On y déguste les dim sum, petites bouchées à la vapeur

La grande histoire

Hong Kong : le village de pêcheurs devenu forêt de toursEn 180 ans, un rocher presque vide est devenu la ville la plus verticale de la planète.

En 1841, quand les Britanniques hissent leur drapeau sur l'île de Hong Kong, un officier de Londres se moque : ils ont gagné « un rocher stérile avec à peine une maison dessus ». Le rocher stérile compte aujourd'hui 7,5 millions d'habitants et plus de gratte-ciel que n'importe quelle ville au monde. Comment ? Par sa position : un port naturel en eau profonde, parfaitement placé entre la Chine et les routes maritimes du monde. Les Britanniques l'avaient arraché à la Chine après les guerres de l'opium — un épisode peu glorieux où l'Angleterre imposa par les canons son commerce de drogue. Pendant 150 ans, Hong Kong devient l'endroit où la Chine et le monde font affaire : les réfugiés y affluent, les fortunes s'y bâtissent en une génération, et faute de place entre mer et montagnes, la ville pousse dans le seul sens possible — vers le haut. En 1997, l'Union Jack redescend : le Royaume-Uni rend Hong Kong à la Chine, sous une promesse originale : « un pays, deux systèmes ». Résultat : on y roule à gauche, on y paie en dollars de Hong Kong, on y compose le 999 comme à Londres — mais on y mange les meilleurs dim sum du monde. Depuis Victoria Peak, cherchez les toits en regardant bien : certains gratte-ciel ont des trous géants en plein milieu. Ce sont les « portes du dragon », laissées pour que les dragons des montagnes puissent passer boire à la mer. Feng shui oblige.

Miam

Dim sum 點心

Le rituel du week-end hongkongais : des dizaines de paniers vapeur (crevettes translucides har gow, siu mai, rouleaux de riz) qu'on partage en famille autour du thé. On coche ce qu'on veut sur un carnet — les enfants adorent commander.

Egg tart 蛋撻

La tartelette à l'œuf héritée des Portugais via Macao : pâte feuilletée, cœur de flan tremblotant, encore tiède de la boulangerie. La meilleure se mange dans la rue, en trois bouchées.

Wonton noodles 雲吞麵

Le bol signature : nouilles fines et fermes, raviolis de crevettes entières, bouillon parfumé. Les meilleures adresses n'ont que dix tabourets et une file devant.

Gaufre aux œufs 雞蛋仔

La gaufre-bulle de Hong Kong : des alvéoles croustillantes dehors, moelleuses dedans, roulées en cornet. LE goûter de rue depuis les années 1950, désormais décliné en mille parfums.

Milk tea 港式奶茶

Le thé au lait « bas de soie », filtré dans une chaussette de tissu (vraiment) pour le rendre ultra soyeux. Les Hongkongais en boivent 900 millions de tasses par an.

Capitale Kuala Lumpur (administrative : Putrajaya)Monnaie Ringgit (MYR)Langue Malais (et anglais courant)Population ~35 millions

Carrefour maritime entre l'Inde et la Chine, la Malaisie a vu passer marchands et empires : sultanats malais, Portugais, Néerlandais puis Britanniques. Indépendante du Royaume-Uni en 1957, elle réunit aujourd'hui des peuples malais, chinois et indiens, d'où une cuisine et des fêtes incroyablement variées. Le pays est coupé en deux par la mer (péninsule + nord de Bornéo).

Le savais-tu ?

  • Les tours jumelles Petronas de Kuala Lumpur ont été les plus hautes du monde
  • Le pays abrite une des plus vieilles forêts tropicales de la planète (~130 millions d'années)
  • On y trouve la rafflesia, plus grande fleur du monde
  • Trois cultures cohabitent (malaise, chinoise, indienne) : trois fois plus de fêtes et de plats
  • Des orangs-outans vivent dans sa partie sur l'île de Bornéo
  • Pour vous, c'est la porte d'entrée de l'Asie du Sud-Est

La grande histoire

La route des épices : quand le poivre valait de l'orDes îles minuscules d'Indonésie ont redessiné la carte du monde.

Pendant des siècles, trois épices ont rendu le monde fou : le poivre, le girofle et la muscade. En Europe, on les vendait littéralement à prix d'or — un sac de muscade pouvait payer une maison à Londres. Le problème ? La muscade et le girofle ne poussaient QUE dans un archipel minuscule d'Indonésie, les Moluques, et personne en Europe ne savait où c'était. Les marchands arabes, malais et chinois gardaient jalousement le secret, et les épices changeaient de mains dix fois avant d'arriver à Venise, via Malacca — le grand carrefour malais où, disait-on, se parlaient 84 langues. C'est pour trouver un chemin direct vers ces îles que l'Europe s'est lancée sur les océans : Colomb cherchait les épices quand il a trouvé l'Amérique, Magellan a fait le premier tour du monde pour elles. Puis Portugais, Hollandais et Anglais se sont battus pendant deux siècles pour contrôler les arbres à épices. L'histoire la plus folle ? En 1667, les Hollandais ont échangé avec les Anglais une petite île des Moluques riche en muscade contre... une autre petite île au bord de l'Amérique : Manhattan. Sur le moment, tout le monde a trouvé que les Hollandais avaient fait l'affaire du siècle. Aujourd'hui, le poivre est sur toutes les tables et Manhattan vaut un peu plus cher — mais quand vous sentirez les épices sur un marché de Sumatra ou de Kuala Lumpur, souvenez-vous : cette odeur a lancé des flottes entières et redessiné la carte du monde.

Miam

Nasi lemak

Le petit-déjeuner national, servi dans une feuille de bananier : riz au lait de coco, sambal (attention, ça pique), cacahuètes, anchois croustillants et œuf. Le meilleur réveil du voyage.

Satay Sate

Brochettes marinées grillées au charbon, trempées dans LA sauce cacahuète. Inventées ici (l'Indonésie n'est pas d'accord — vous départagerez), elles se dévorent par dizaines à Jalan Alor.

Roti canai

La crêpe feuilletée virevoltante : le cuisinier la fait tournoyer dans les airs comme une pizza avant de la griller. Trempée dans le curry dhal, au petit-déj ou à minuit — 1 € le spectacle ET le régal.

Laksa

La soupe de nouilles au lait de coco et curry, mi-crémeuse mi-explosive. Chaque région a la sienne et les Malaisiens en débattent comme nous du cassoulet.

Teh tarik

Le « thé tiré » : versé de très haut d'un pichet à l'autre pour le faire mousser, dans un geste spectaculaire de barista acrobate. Boisson nationale, spectacle gratuit.

Capitale Jakarta (la nouvelle capitale Nusantara sort de terre à Bornéo)Monnaie Roupie indonésienne (IDR)Langue Indonésien (et 700+ langues)Population ~280 millions

Posée sur la route des épices, l'Indonésie a attiré pendant des siècles marchands indiens, chinois, arabes puis européens venus chercher muscade, girofle et poivre. De grands royaumes hindous et bouddhistes y ont bâti des temples gigantesques comme Borobudur. À partir du XVIIe siècle, les Pays-Bas en font une colonie qu'ils exploitent près de 300 ans. Le pays proclame son indépendance en 1945, sous Soekarno, après l'occupation japonaise. C'est aujourd'hui une mosaïque de centaines de peuples et de langues éparpillés sur des milliers d'îles.

Le savais-tu ?

  • Plus grand archipel du monde : ~17 500 îles, dont 6 000 habitées
  • Abrite les dragons de Komodo, plus grands lézards vivants (jusqu'à 3 m)
  • Posée sur la ''ceinture de feu'', elle compte ~130 volcans actifs, record mondial
  • Borobudur est le plus grand temple bouddhiste de la planète
  • On y trouve la rafflesia, plus grande fleur du monde (1 m… et elle pue)
  • Des orangs-outans sauvages vivent dans la jungle de Sumatra (vous allez les voir)
  • Le pays s'étend sur 3 fuseaux horaires

La grande histoire

La route des épices : quand le poivre valait de l'orDes îles minuscules d'Indonésie ont redessiné la carte du monde.

Pendant des siècles, trois épices ont rendu le monde fou : le poivre, le girofle et la muscade. En Europe, on les vendait littéralement à prix d'or — un sac de muscade pouvait payer une maison à Londres. Le problème ? La muscade et le girofle ne poussaient QUE dans un archipel minuscule d'Indonésie, les Moluques, et personne en Europe ne savait où c'était. Les marchands arabes, malais et chinois gardaient jalousement le secret, et les épices changeaient de mains dix fois avant d'arriver à Venise, via Malacca — le grand carrefour malais où, disait-on, se parlaient 84 langues. C'est pour trouver un chemin direct vers ces îles que l'Europe s'est lancée sur les océans : Colomb cherchait les épices quand il a trouvé l'Amérique, Magellan a fait le premier tour du monde pour elles. Puis Portugais, Hollandais et Anglais se sont battus pendant deux siècles pour contrôler les arbres à épices. L'histoire la plus folle ? En 1667, les Hollandais ont échangé avec les Anglais une petite île des Moluques riche en muscade contre... une autre petite île au bord de l'Amérique : Manhattan. Sur le moment, tout le monde a trouvé que les Hollandais avaient fait l'affaire du siècle. Aujourd'hui, le poivre est sur toutes les tables et Manhattan vaut un peu plus cher — mais quand vous sentirez les épices sur un marché de Sumatra ou de Kuala Lumpur, souvenez-vous : cette odeur a lancé des flottes entières et redessiné la carte du monde.

La ceinture de feu : vivre sur des volcansL'Indonésie compte 130 volcans actifs — et c'est pour ça qu'elle est si belle et si fertile.

L'Indonésie détient un record que personne ne lui dispute : environ 130 volcans actifs, plus que tout autre pays. La raison est sous vos pieds : l'archipel est posé pile sur la « ceinture de feu » du Pacifique, là où d'immenses plaques de la croûte terrestre se rentrent dedans au ralenti. En plongeant l'une sous l'autre, elles fondent — et le magma remonte. Résultat : un chapelet d'îles-volcans de 5000 km. Deux d'entre eux sont entrés dans l'histoire mondiale. En 1815, le Tambora explose si fort que ses cendres voilent le soleil de la planète entière : l'année suivante, il n'y a PAS D'ÉTÉ en Europe, les récoltes gèlent en juillet — et une jeune Anglaise coincée par la pluie au bord du lac Léman, Mary Shelley, tue le temps en écrivant Frankenstein. En 1883, c'est le Krakatoa : l'explosion la plus assourdissante de l'histoire enregistrée, entendue à 4800 km — comme si un boum à Paris s'entendait à New York. Alors pourquoi 280 millions d'Indonésiens vivent-ils sur cette poudrière ? Parce que les cendres volcaniques sont un engrais miraculeux : autour des volcans, le riz pousse deux à trois fois par an, et les pentes du Bromo sont un potager géant. Les volcans détruisent parfois, mais nourrissent tous les jours — voilà pourquoi les Tenggerois montent chaque année jeter des offrandes dans le cratère du Bromo, que vous verrez fumer au lever du soleil. Respect et remerciement, à parts égales.

Miam

Nasi goreng

Le riz frit national, cuisiné au wok avec sa sauce soja sucrée (kecap manis) et couronné d'un œuf au plat. Le plat que les enfants réclameront encore trois mois après le retour.

Sate ayam

Les brochettes de poulet grillées au charbon de bois, nappées de sauce cacahuète, vendues par les marchands ambulants au son de leur clochette. L'odeur qui définit les soirées indonésiennes.

Rendang

Né à Sumatra pile où vous serez : du bœuf mijoté DES HEURES dans le lait de coco et les épices jusqu'à devenir fondant et sombre. Régulièrement élu parmi les meilleurs plats du monde.

Gado-gado

La salade indonésienne : légumes croquants, tofu, œuf, le tout enrobé de sauce cacahuète. Son nom veut dire « mélange-mélange » — tout est dit.

Martabak manis

LA folie sucrée du soir : une crêpe épaisse et moelleuse pliée sur du chocolat, du fromage, des cacahuètes ou tout à la fois. Les stands n'ouvrent qu'à la nuit tombée — le dessert officiel des vacances.

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